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Un site web accessible
Suhas Deshpande, Réseau canadien d’information sur le patrimoine
Reproduit du numéro de novembre-décembre 2005 du magazine Muse, avec l’aimable permission de l’auteur et de l’Association des musées canadiens.
Les musées doivent surmonter de nombreux obstacles pour créer des sites web qui mettent en valeur leurs collections. Mais ces difficultés ont moins d’importance que la création d’un site web accessible à tous les utilisateurs, qu’il s’agisse de personnes handicapées ou de personnes dont les habiletés, telles que la manipulation d’une souris d’ordinateur, ont décrû avec l’âge. Un site accessible est un site que tout le monde peut percevoir, comprendre et explorer. Mis à part les avantages évidents d’assurer l’accessibilité à un site de musée, il en existe d’autres plus difficile à cerner. Les sites web qui se conforment aux normes d’accessibilité obtiennent une meilleure place dans les moteurs de recherche que les autres car ils ont tendance à être mieux structurés et à utiliser une meilleure syntaxe. Ils sont également plus faciles à consulter, pour les mêmes raisons. Fort heureusement, le World Wide Web Consortium (W3C), le corps dirigeant d’Inter-net, fournit des renseignements sur la création de sites web accessibles. Bien que le W3C ait mis sur pied des directives et des outils pour aider les concepteurs à créer des sites accessibles, il est important d’utiliser une méthode de développement, fidèle à ces directives et ces outils, qui siéra à votre institution. La méthode la plus facile et la plus utile est la méthodologie en trois étapes, développée par la University of Washington. Elle s’utilise pour les sites web existants et pour la création de nouveaux sites.
1 : Vérification du code HTML
Si vous possédez déjà un site web, la première étape consiste à vérifier s’il a été créé avec un code valide. Il ne s’agit pas d’évaluer la qualité du site mais plutôt de s’assurer qu’il a été créé avec la bonne syntaxe. Cette étape est importante car les dispositifs utilisés pour garantir l’accessibilité, comme les lecteurs d’écran, doivent être en mesure de lire correctement votre code. Le W3C offre un service de validation gratuit que vous pouvez utiliser pour vérifier votre code. Cet outil en ligne se trouve à l’adresse http://validator.w3.org/
2 : Mise en oeuvre des directives
Outre son service de validation, le W3C offre également des directives précises pour l’acces-sibilité au contenu web : Web Content Accessibility Guidelines (WCAG). Même si l’étude détaillée de chacune des 14 directives dépasse l’étendue de cet article, il importe de souligner l’utilité de ces directives dans leur totalité. Les WCAG présentent chaque directive accompagnée de quelques exemples de mise en oeuvre. Ainsi, la directive numéro un se lit de cette façon : « Offre des solutions de rechange équivalentes au contenu auditif et visuel. » Les directives expliquent l’importance d’utiliser les étiquettes « alt » ou « desccomp » pour donner des descriptions de texte accompagnant des images ou un contenu multimédia, surtout dans le cas des sites de musée qui se servent souvent d’images ou d’autres moyens interactifs pour montrer leurs collections ou leurs artefacts. La même importance s’applique à une vidéo présentant les objets d’une collection par exemple. Afin de s’assurer de l’accessibilité de son contenu pour une personne malvoyante, un musée pourrait bien inclure une visite audio synchronisée avec l’extrait vidéo qui décrit le contenu de la collection. L’idéal, pour un musée, serait d’utiliser les directives comme liste de vérification afin de s’assurer que le contenu de son site web est conforme à chacune d’elles. Le W3C attribue une note (de 1 à 3) correspondante à chaque directive afin d’évaluer le degré d’accessibilité de chaque item du contenu. Une note 1 signifie qu’il sera impossible à certaines personnes d’accéder à l’information figurant sur le site web si une directive particulière n’est pas exécutée, alors que des notes de 2 ou 3 indiquent que des personnes trouveront peut-être difficile d’accéder au site si une directive n’est pas suivie.
3 : Évaluation du site web
Après avoir passé en revue les 14 directives, il faut évaluer l’accessibilité générale au site web. Cette évaluation dépasse la simple vérification syntaxique, décrite à la première étape. Il existe plusieurs outils gratuits reconnus, comme WebXACT, grâce auxquels vous pouvez vérifier l’accessibilité de chaque page. (Service discontinué.) En suivant une méthode articulée autour des directives du W3C, il est possible de créer un site web accessible à tous les visiteurs. Offrir un site accessible aura pour résultat de joindre davantage de visiteurs et améliorer la qualité globale du site.
M Suhas Deshpande est analyste de l’évaluation de la technologie au Réseau canadien d’information sur le patrimoine qui fournira une chronique régulière sur Internet et les musées. Si vous avez des questions ou des sujets de chronique, écrivez à : service@rcip.gc.ca
Informations supplémentaires
Introduction to Web Accessibility, S.L. Henry, ed. World Wide Web Consortium (MIT, ERCIM, Keio), septembre 2005. www.w3.org/WAI/intro/accessibility.php
Web Content Accessibility Guidelines 1.0, Wendy Chisholm, Gregg Vanderheiden et Ian Jacobs, eds. World Wide Web Consortium (MIT, ERCIM, Keio), mai 1999. www.w3.org/TR/WCAG10/#priorities W3C
How to be Accessible. Computing & Communications, University of Washington. avril, 2004.www.washington.edu/computing/accessible/howto.html
Developing a Web Accessibility Business Case for Your Organization, S.L. Henry, ed. World Wide Web Consortium (MIT, ERCIM, Keio), août 2005. www.w3.org/WAI/bcase